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Dernière révision
février 2010


Les Hérésies Gnostiques ou non, des premiers siècles du christianisme
Présentation

(Article révisé en janvier 2011)
Jusqu’au quatrième siècle le gnosticisme (1) a tenté de faire son nid dans le christianisme naissant en s’emparant de la personnalité de Jésus-Christ pour en faire ce que l’on appellerait aujourd’hui sa «tête de gondole» dans la promotion de ses thèses d’inspiration orientale. C’est en grande partie du besoin de présenter un front commun face à la multitude des sectes gnostiques que s’est forgée l’orthodoxie chrétienne dont les rejets ont précipité les concurrents dans le camp de l’hérésie.

Au final, l’orthodoxie d’un article de foi n’était pas seulement dépendante d’un acquis originel tirés de la parole de Jésus-Christ, mais pouvait tout aussi bien relever d’une construction inventive imposée par une l’autorité, que cette dernière fut celle d’une majorité ou celle que la force dominante. Ce faisant l’opinion ainsi retenue et validée, quittait le domaine de la supputation pour pénétrer celui du dogme.

Cependant toutes les hérésies ne furent pas gnostiques, et la nature du lien entre le Père et le Fils alimenta un telle dispute entre ariens et «orthodoxes» qu’en 325 Constantin Ier dû convoquer un concile pour mettre un terme au conflit (Nicée). Cependant au-delà des préoccupations de pure théologie, il semble bien que les affrontements idéologiques, n’eurent pas seulement pour objet de parvenir à une uniformisation du christianisme, mais tout autant de régler les comptes dans la concurrence acharnée que se livraient les différentes acteurs pour s’emparer des positions dominantes dans ce christianisme en voie de devenir un dispensateur de promotion sociale.
Les sectes hérétiques que nous avons listées ici sont donc majoritairement, mais pas uniquement, gnostiques, et elles furent actives durant les quatre premiers siècles de notre ère.

(1) Voir ci-dessous notre article consacré au gnosticisme en général


Recherche des sectes par ordre alphabétique
Suivi de (*) signale les hérésies non gnostiques


Les Sectes

Le Gnosticisme, un générique

Article totalemenrt révisé en janvier 2011.
Le gnosticisme n’est pas à proprement parler une religion mais un ensemble doctrinal d’influences orientales -principalement mazdéennes, mandéennes et probablement judaïques- qui affirme que la création est le travail d’un mauvais démiurge, source du mal, et que la nature spirituelle de l’homme est étrangère au monde matériel qui la retient prisonnière.

C’est par la connaissance ou gnose que l’homme se libèrera de la matière. Toutefois une assimilation directe entre gnose et gnosticisme ne correspondrait pas à l’évolution des significations. En effet le sens pris par le mot gnose tend à définir une technique, une démarche, destinée à atteindre la révélation par sa propre et intime expérience sans présumer en rien du contenu de cette révélation. Tout au contraire le gnosticisme impose son ensemble doctrinal comme contenu de sa révélation. En d’autres termes la gnose vue par les gnostiques est la révélation de la nature corrompue de la création et la prise de conscience de l’irrémédiable nécessité de mettre un terme en l’enchaînement des incarnations.

C’est donc cette vision d’un monde fabriqué par une Dieu mauvais que les gnostiques ont tenté d’introduire dans le christianisme naissant, faisant à l’occasion de Jésus-Christ un sauveur apportant la révélation gnostique et chargé de sauver le monde en le détruisant.
Thèse tout à fait crédible dans le contexte apocalyptique cher à diverses religions. Sauf que cette idée d’un démiurge créateur opposé à un Dieu resté silencieux et non manifesté introduisait un polythéisme dans un christianisme totalement monothéiste. Les chrétiens ne pouvaient accepter cette situation qui faisait la part belle au paganisme concurrent et les coupait du judaïsme dont ils avaient encore besoin pour puiser leur références et leur antériorité. En contrepartie le refus de cette dualité divine ne permettait plus de résoudre cette obsédante et insoluble question de savoir, si Dieu était unique et bon, pourquoi le mal existait-il toujours. Bouc émissaire, diables et démons, sorcières vampires incubes et succubes, hérétique mêmes, seront en charge de tous ces péchés, mais ceci est une autre question.

Pour l’instant nous allons aborder succinctement les différents courants de ce gnosticisme qui prêchant la révélation par la connaissance niaient en quelque sort la prééminence de la foi qui certes permettait de déplacer des montagnes, mais qui faisait prendre pour argent comptant ces contes et légendes dont l’église deviendrait si friande. Nous allons rencontrer les plus pertinentes interrogations, les plus crédibles croyances comme les divagations pornographiques le plus délurés. Abstenons nous de tout jugement car n’oublions pas que notre savoir sur les gnostiques vient principalement de leurs ennemis qui en dressant leur procès nous ont souvent, et contre leur attente, permis de connaître des idées qui étant vaincues devinrent hérétiques.

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Les Abeloïtes

Appelés aussi Abélonites, Abéloniens, ou Abéliens, cette secte fut composée essentiellement de paysans qui avaient choisis de vénérer Abel. Ils prétendaient qu’il fallait se marier comme lui, mais ne pas consommer le mariage. Les maris et femmes vivaient ensemble, amis pratiquaient donc la continence. Afin d’assurer leurs successions ils adoptaient une petite fille et un petit garçon
Si un enfant venait à décéder, une nouvelle adoption le remplaçait. Si un des parents décédait alors les enfants prenaient soin du parent survivant jusqu’à la fin de ses jours, et adoptaient à leur tour un garçon ou une fille.

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Les Adamites

Secte aussi appelée Prodiciens du nom de Prodique son créateur, disciple de Carpocrate. Ils prétendaient avoir l’innocence et la pureté d’Adam et Eve. Ils appelaient leur église le paradis et y vivaient nus après l’avoir chauffée, (ce dont Adam n’avait pas besoin !!). Une des particularités des prodiciens était la communauté des femmes.
Certains adeptes se glorifiaient de vivre dans la virginité prenant le titre de continents Les adamites rejetaient le mariage car il n’eut jamais existé si Adam n’avait pas péché. Ils refusaient la prière, le martyr, et semblaient pratiquer la magie sel on les rites de Zoroastre.

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Les Aériens

Aérius, à ne pas confondre avec Arius ni Aetius, était moine et l’ami d’Eustathe évêque de Constantinople. Aérius vivait mal d’être soumis à l’autorité de son amis même si celui-ci le favorisait en lui confiant la conduite de son hôpital. Eustache tenta de rétablir son autorité sans succès. Aérius prétendit que l’évêque n’était pas supérieur au prêtre et pour faire bonne mesure condamna les cérémonies de l’église et la célébration des fêtes dans lesquelles l’évêque paraissait dans l’éclat et avec distinction. Il niait qu’il faille prier pour les morts, et que l’église puisse prescrire des jeûnes solennels
Il quitta son hôpital et entreprit de répandre ses idées au travers de sa secte. Refuser l’autorité des évêques était mettre en cause l’église dans son ensemble, car les évêques étaient avant tout les successeurs des apôtres.
Ces « erreurs d’Aérius seront celles qui seront reprises par les protestants en partie, les presbytériens, quelques anabaptistes et enfin les Quakers, du moins si on se situe d’un point de vue qui n’est pas le leurs.

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Les Aétiens

Aétius suivait les idées d’Arius auxquelles il ajoutait les siennes. Selon lui Dieu n’attendait de nous que la foi. Les actions infâmes répondaient aux besoins de la nature. Excommunié par les Anoméens dont il était devenu le chef, dégradé par les acadiens et exilé par Constance, il fut rappelé par Julien l’apostat et couvert d’honneurs.
C’est son disciple Ennomius qui soutint avec plus de succès que son maître l’erreur selon laquelle le Fils serait différent du Père, et le Saint Esprit tout différent du Fils. De mœurs dissolues il promettais à ses disciples l’impunité complète pour leur crimes et leur persévérance dans le mal.
La prépondérance d’ Emmonius sur Aétius fit que les aétiens furent souvent appelés Enomiens.

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Les Aloges

Si la similitude entre certaines sectes nous rend parfois difficile la distinction, ce que nous pouvons dire des Aloges c’est qu’ils ne sont absolument t pas de Montanistes. Ils en sont même «le rebours » total. Si le mysticisme trouvait une place excessive dans le montanisme, les Aloges le réprouve, et en tirent d’ailleurs leur nom « A-logos » ennemis du verbe.
Montanus à prétendu que la mission du Paraclet annoncée dans l’évangile de saint Jean était la sienne, les Aloges suppriment l’évangile de Jean. L’Apocalypse fournit à Montanus l’idée d’un règne de mille ans, les Aloges suppriment l’apocalypse. Les montanistes parlaient de prophéties, miracles, inspirations, les Aloges nièrent à l’église toute puissance surnaturelle.
Nous pouvons sans l’avoir vécu, ressentir le côté invasif et peut modeste du montanisme, qui par certains côtés a des attitudes proches de nos sectes modernes. La réaction même excessive des Aloges se comprend d’autant mieux qu’elle semble vouloir pousser chacun à mettre les pieds sur terre.
Mais dans le contexte de l’époque les Aloges ouvrent une voie tout aussi dangereuse que le montanisme pour le devenir de l’église, et c’est ce que nous allons voir :
Être ou ne pas être
Nous sommes à une époque où le christianisme naissant se doit d’être clairement identifié faute d’être absorbé par un concurrent ou même de disparaître définitivement, ne laissant pas plus de trace dans le judaïsme qu’une ancienne. Voici un condensé de ce que disait sur le sujet Franz de Champagny dans son livre de 1865 « Les Antonins »
« La victoire du gnosticisme serait celle de la corruption et de l’apostasie. Elle entrainerait la disparition du christianisme et le retour à une idolâtrie pire que la première (paganisme). Que le Montanisme gagne et la société chrétienne ne serait plus qu’une secte de « méthodistes » hautains et exclusifs, ennemis de l’homme et de la cité. Que les Aloges gagnent et le christianisme n’aurait plus de symboles et deviendrait une sèche, vacillante et incertaine philosophie. Si enfin au dessus de toutes ces sectes ne se maintenait pas une église une, entière et inébranlée, qui pourrait reconnaître à travers ces innombrables écoles le christianisme complet, supérieur, principal ? »

Cette citation explique de façon claire la situation. L’église chrétienne devait son existence au fait qu’elle s’était singularisé du judaïsme sans pour autant flirter avec le paganisme. Sa singularité venait du Christ dont la personne et la parole avaient été rejetés par les juifs. Voilà que prétendant parler au nom du christ ou de ses apôtres naissait une multitude de sectes aux doctrines douteuses, aux rituels proches du paganisme, aux maîtres arrogants qui passaient leur temps à rejeter ou interpréter les textes selon leur convenances en frayant parfois même avec les paganisme qu’ils voulaient éradiquer.
Il fallait bien unifier le discours, établir le dogme, afin que ceux qui n’y adhéraient pas comprennent qu’il y avait de la place ailleurs et que cette place ne pouvait pas être chrétienne, et cela disons le, au risque d’y perdre son âme.

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Les Angéliques

Secte qui rendait un culte particulier aux anges Dieu s’était servi des anges pour faire connaître sa volonté aux hommes, alors les hommes devaient se servir des anges comme intermédiaires vers Dieu. Cette secte ne doit pas êtrre confondue avec celle des Angélites qui au Ve siècle tenaient leur nom d’un lieu nomé Angélium et qui enseignait que ni la Père ni le fils, ni le Saint-Esprit n’étaient Dieu par lui-même, mais que de nature divine ils participaient à cette divinité de manière indivisible, qui faisait Dieu de chacun ?

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Les Antidicmomarites

Aussi appelés Antidicomarianites, Antimarianites, ou Antimariens, les antidicomarites prétendaient que la Vierge Maris avait eu des rapports charnels avec son époux après la naissance de Jésus. Ils se basaient sur les écritures où il est fait mention des sœurs et frères de Jésus. Marie étant vierge à la naissance de Jésus, donc...(CQFD). La contre attaque orthodoxe fut de dire que chez les Hébreux le terme frère ou sœur signifie souvent cousin, cousine.

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Les Apellites

Apelle disciple de Marcion ne croyait qu’en un seul principe éternel non qu’il en eut la preuve, mais parce qu’il en avait l’intuition. Pour résoudre la question de l’origine du mal, il en vint à soutenir que cet Etre ne s’occupait pas des choses de la terre et qu’il avaitb laissé à des anges, en particulier l’ange de feu, le soin de créer notre monde sur l’exemple du mond supérieur parfait. Se créateur s’étant avéré être mauvais, le monde le fût également. Jésus était le fils du Dieu supérieur, le bon, et il était venu pour apporter la connaissance aux hommes et leur faire mépriser le mauvais créateur.
Pour Apelle les âmes ne sont pas totalement incorporelles et il développe sur ce point une cosmogonie tarabiscotée et en tout cas absconde.

Apelle rejetait les livres de Moïse et ceux des prophètes, car pour lui Adam n’avait pas pu être menacé de mort puisqu’avant de manger le fruit il ne savait pas de quoi il s’agissait. A cette opposition mal venue s’ajoute une mauvaise réputation. Il aurait abusé d’une femme, et serait tombé sous les charmes d’une prostituée illuminée et faiseuse de miracles. Comme d’habitude difficile de savoir qu’elle est la part de calomnie, surtout si on se réfère à des extraits de réponses sensées et apparemment honnêtes faite à un de ses interlocuteur chargé de lui faire admettre ses erreurs :
… il ne faut pas si fort examiner les matières de religion ; chacun doit deumeurer dans ses croyances pourvu qu’il fisse de bonne œuvre

ou encore
Les prophéties se condamnent d’elle mêmes puisqu’elle ne disent rien de vraie et qu’elle sont toutes fausses, qu’elles se contredisent entre elles…

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Les Apollinaristes

Apollinaire, évêque de Laodicée disait que Jésus avait pris un corps humain pour son incarnation, mais qu’il n’avait pas d’âme humaine, ou que du moins l’âme humaine à laquelle le Verbe s’était uni n’avait point d’intelligence, mais une âme sensitive sans raison ni entendement. Il jugea qu’une âme humaine était inutile dans Jésus-Christ, la divinité ayant présidé à toutes ses actions et fait toute les fonctions de l’âme.
Pourtant Jésus avait éprouvé des sentiments qui ne pouvaient convenir à divinité, kil devait cependant avoir une âme sensitive. Dans cet art de dire tout et son contraire il rejoignait la philosophie pythagoricienne qui suppose une âme de pure intelligence, raisonnable et sans passion, et une autre incapable de raisonner et purement sensible. Comme toujours en la matière « il fut facile de contrer ces arguments » en opposant des vérités décrétées comme telles, au seul motif qu’elles étaient prononcées par les écritures et constituées si ce n’est la preuve, mais la règle.

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Les Apostoliques


Sous ce nom très prétentieux (apostolique) on désigne ceux qui ne reçoivent pas à leur communion les personnes mariées, ni les chrétiens qui n’ont pas renoncés à leurs biens. Ils enlèvent toute espérance de salut à ceux qui usent des choses dont ils s’abstiennent.
A cette présentation Augustin ajoute que leurs erreurs sont les mêmes que les Encratites, car on les appelle aussi comme ces derniers : apotactiques ou aussi renonçant. Ce nom d’apostolique vient de leur prétention à imiter l’Eglise apostolique de Jérusalem, où les biens étaient mis en commun par les fidèles.

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Les Aquatiques

Cette secte croyait que l’eau était un principe coéternel à Dieu. Hermogène avait enseigné que la matière contemporaine du Dieu a donc toujours été. Sans naissance, sans commencement et sans fin dont le Démiurge s’en est servi pour créer toutes choses. Ses disciples ont voulu connaître la nature de cette matière et adoptèrent le système de Thalès qui considérait l’eau comme origine de toute chose et dont l’air le feu et la terre procédaient.

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Les Arabiques

Nommés aussi Arabiens ou simplement Arabes, cette secte du troisième siècle prétendaient que l’âme mourait avec le corps, mais qu’elle ressuscitait avec lui. Il furent convaincus de leur erreur par Origène lors d’une grande assemblée tenue en Arabie.

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Les Archonticiens

Pour une fois les Archonticiens (ou archontiques) ne tirent pas leur nom de leur chef, Pierre l’Ermite. Appartenant au mouvement Valentinien ils attribuaient la création du monde non à Dieu, mais à diverses puissances ou principautés subordonnées à Dieu, les Archontes. Niant la résurrection des corps, ils rejetaient le baptême et les saint mystères qu’ils disaient être l’œuvre d’une principauté inférieureSabaoth. Pour eux la femme était l’ouvrage de Satan.

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Les Ariens

L’arianisme est un courant idéologique chrétien développé par un prêtre alexandrin Arius et qui affirme que le Père (Dieu) et le Fils (Jésus-Christ) ne sont pas de même substance et que le Fils est inférieur et subordonné au Père. Pire encore les ariens considéraient qu’il existait un Dieu intérieur inengendré et un Dieu extérieur engendré et c’est sur ce point seulement qu’ils peuvent être rapprochés du gnosticisme car pour le reste l’arianisme n’est pas une hérésie gnostique.
Les thèses de l’arianisme s’opposaient bien entendu à celles des partisans de la "consubstantialité" pour lesquels le Père et le Fils étaient de même substance. Constantin Ier voulant mettre un terme à une querelle qui risquait de troubler l’ordre public, envoya une lettre aux deux camps leur enjoignant de stopper leur dispute pour [des choses qu’ils n’entendaient pas et qui étaient de nulle importance]. Devant l’échec de cette tentative de conciliation l’empereur réunit un concile à Nicée en 325. Ce fut la victoire des tenants de la consubstantialité que les termes du consensus final (credo de Nicée) soient sur ce sujet franchement sibyllins et pour le moins byzantins, en affirmant :
« le Fils est consubstantiel au Père. Quand on disait que le Fils est consubstantiel au Père, on ne prenait pas ce mot au sens qu’on le prend lorsqu’on parle du corps des animaux mortels, le Fils étant consubstantiel au Père ni par une division de la substance divine dont il eût fait partie, ni par quelque changement de cette même substance ; on voulait dire seulement que le fils n’était pas d’une autre substance que le Père. » Ainsi les Homoousiens (consubstantialité) l’emportaient à la fois sur les Ariens et les Homoiousiens qui eux se limitaient à reconnaître une nature semblable, mais non identique (subtilité?). Nicée ne mettra pas un terme à l’arianisme dont les thèses considérées comme orthodoxes sous le règne de Valens, seront adoptées par une partie du mouvement protestant, mais ce concile imposait pour longtemps sa méthode, imposer le dogme par la force de l'autorité.
Arius développait des arguments tout aussi improuvable et suggestifs que ceux des orthodoxes, et sans doute plus proche de la simple logique, mais il eut le tort de perdre et fut rejeté dans les enfers hérétiques. Pendant ce temps c’est l’église qui perdait sa substance en donnant la priorité à la dispute, à la jactance inutile et prétentieuse et abandonnant tout ce qui faisait la grandeur de sa doctrine.

Selon que l’on se réfère à un sens particulier ou à un dirigeant de secte précis les ariens sont aussi appelés exoucontiens (tiré du néant), hétérousiens (autre substance) , Anoméens (substance différente),Eunomiens (adeptes d’Eunomius), Aétiens (adeptes d’Aèce ou Aètius), Homéens(semi-ariens)

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Les Artotyrites

Quelques montaniste se dirent que les premiers hommes, dans leurs sacrifices, offraient à Dieu des fruits de la terre et des produits venant des brebis. Ils en déduisirent qu’il fallait retourner à cette pratique et ils offrirent dans leurs mystères du pain et du fromage.
Partant de la doctrine de Montan ils admettaient les femmes d’autant plus facilement à la prêtrise et à l’épiscopat qu’ils les jugeaient plus aptes que les hommes à susciter les sentiments de pénitence et de mortification parmi les adeptes.

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Les Ascites

Secte de montaniste qui dansait autour d’un ballon gonflé, installé près de leur autel. Ils se considéraient ainsi remplis comme ce ballon du Saint-Esprit.

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Les Bardesanistes

Issu d’une famille riche il est élevé dans le paganisme puis reçoit le baptême et devient un catholique fervent. Sommé d’abdiquer sa foi lors des persécutions sous Marc Aurèle, il refusera, prétextant qu’il ne craignait pas la mort puisqu’il ne pouvait l’éviter quelle que soit son obéissance à l’empereur. Pour les uns, Bardesane semblerait avoir adopté les idées de Valentin et même d’un Marcion qu’il aurait par ailleurs combattu, puis pour les autres, serait revenu à une orthodoxie, que pour d’autres enfin il n’aurait jamais quittée.

Formé aux sciences occultes et sans doute à l’astrologie, il établira un calcul de la durée de révolution de planètes, en même temps qu’une estimation de la date de fin du monde. Son ouvrage le plus connu est un dialogue sur le destin ou Livre des lois des Pays, ouvrage dans lequel il s’oppose au système fataliste des chaldéens ou astrologues.
Pour lui l’homme jouit de son libre arbitre et est responsable de ses actes. Dieu unique, invisible, incréé, est le créateur de l’univers. Les autres éléments sont soumis à des lois fixes auxquelles ils ne peuvent se soustraire, et ne sont donc pas responsables de leurs actions. En revanche certains êtres comme l’homme jouissent d’une liberté d’action qui les rend responsables de leurs actes.
L’homme est sous la loi de trois influences. Le Destin qui est le pouvoir donné par Dieu aux astres de modifier les conditions dans lesquelles l’homme vit. Ce pouvoir se manifeste au moment de la naissance, lorsque l’âme intellectuelle descend dans l’âme végétative puis dans le corps. C’est là que sont inscrites les chances et les malchances. Les deux autres principes auxquels nous sommes soumis sont la nature et la surtout la volonté qui nous permettra de d’exercer ce relatif libre arbitre qui transforme la fatalité en destinée.
Rien ne semble confirmer dans ses ouvrages que :
Bardesane se mit à ajouter les idées de Valentin aux siennes. Comme Valentin il inventa plusieurs Eons et divers principes. Il niait la résurrection de la chair. Il adoptait l’ancien et le nouveau testament mais en lui ajoutant des livres apocryphes.

Pourtant Paul semble lui aussi confirmer le caractère hérétique des idées de Bardesane:
Bien que dans ses œuvres il suivait la doctrine et la foi de l’église, il fit un triple naufrage. …d’autant plus funeste pour lui et pour les autres qu’il était comme un vaisseau chargé de marchandises précieuses, et qu’en périssant il fit périr avec lui beaucoup de personnes qui en lui avaient trop de confiance.

Ses sectateurs allèrent plus loin en prétendant que Jésus ne s’était pas incarné, et qu’il était venu recouvert d’un corps fantastique, retombant cette fois dans l’hérésie de Marcion que leur maître avait combattu.

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Les Basilidiens

Les basilidiens disciples de Basilide, personnage natif de Syrie et sans doute éveillé au gnosticisme. Son enseignement secret ne se communiquait à ses adeptes qu’après une longue initiation. Il serait l’auteur d’un livre disparu « Prophétie de Cham et de Barchir ». Selon sa doctrine ésotérique, le père inconnu s’était manifesté dans 52 attributs de 7 éons chacun, ce qui a porter à croire que sa hiérarchie était fondée sur la division de l’année de 52 semaines de 7 jours, soit 364 éons. Eteinte au Ve siècle, la secte des basilidiens considérait le démon Abrasax comme leur dieu suprême.
Abrasax ou Abraxas, est un démon apparaissant sous la forme d’une chimère à tête de coq, pied de dragon, et ayant un fouet à la main. Son nom proviendrait des sept premières lettres du nom de Dieu en hébreux, et fait référence aux sept planètes, archanges, jours de la semaine etc.… En appliquant le système de numérotation grec à chaque lettre et en additionnant on obtient la totalité du cycle annuel de 365 jours. Abraxas correspondrait au nombre mystique caché de Mithra.

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Les Caïnites

Les caïnites considéraient que le Jéhovah le créateur selon la Bible, était orgueilleux et arrogant. De ce fait ils avaient choisi de vénérer les personnages que la Bible avait rejetés, et en premier, Caïn.
S’il avait été capable de tuer Abel, c’est que le Dieu qui protégeait ce dernier était impuissant à contrer la force qui agissait dans Caïn. Ensuite les honneurs étaient rendus à Judas l’Iscariote. Il avait trahi son maître sur sa demande afin que se réalise le destin du Christ. Il dût en payer le prix de la haine mais en même temps reçut la révélation.
La doctrine caïnite concevait trois catégories d’hommes. Les Pneumatiques ou être spirituels dont Caïn, les animiques Seth, et les hyliques ou être matériels, Abel. Les caïnites furent soupçonnés d’immoralité, mais comme toujours en l’absence de faits révélés, tout et son contraire peut être avancé.

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Les Carpocratiens

Les carpocratiens étaient disciples de Carpocrate un philosophe gnostique du IIe siècle né à Alexandrie. Pour eux Jésus est un simple humain doué d’un esprit élevé et connaisseur des choses célestes qu’il devait annoncer à ses semblables. Le carpocratiens appelés parfois gnostiques libertins considéraient que pour atteindre un ciel plus élevé il fallait assouvir toutes les convoitises de la chair car elles plaisaient aux puissances. Ainsi ils pratiquaient l’échangisme dans le cadre des cérémonies liturgiques. Les âmes se réincarnaient jusqu’à ce qu’elles aient fait l’expérience de tout ce qu’un corps puisse ressentir. La débauche était de ce fait une manière d’accélérer la libération des cycles de réincarnation.
Une autre interprétation de cette véritable ou supposée dérive carpocratienne vient en partie de la lettre de Clément d’Alexandrie, laquelle dénonce la falsification de l’enseignement contenu dans ce que nous appelons aujourd’hui L’évangile secret de Marc. Marc aurait en effet écrit un évangile exotérique à la porté de tous, et un évangile ésotérique réservé à des initiés. Carpocrate à la mort de Marc, aurait réussi à s’emparer d’un exemplaire de cet évangile. Soit par dessein, soit par ignorance, il aurait interprété certains passages comme des autorisations ou même des incitations à la débauche. Ceci concerne en particulier un passage de Marc (10.34) où arrivant à Béthanie, jésus entreprend de ressuscité un jeune homme décédé récemment. Pour résumer les passages concernés disent :
le jeune homme le regarda intensément et l’aima(..)Et après dix jours, Jésus lui donna un ordre. Et quand se fut le soir, le jeune homme vint à lui, portant un vêtement de lin sur son corps nu. Il resta avec lui cette nuit là , car Jésus lui enseigna les mystères du royaume de Dieu
S’agit-il d’un texte véritablement écris par Marc ou révisé par Carpocrate. Il est évident qu’a partir d’un tel texte on peut tout aussi bien y trouver motif à homoérotisme, comme y deviner les traces de rituels secrets magiques de nature à être mal interprétés par des profanes, comme le tantrisme par exemple.

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Les Cataphrygiens

Montanus (Montan) était le fondateur de cette secte que l’on appelait aussi Montanisme. Montanus originaire de Phrygie (actuelle Turquie) aurait été prêtre attaché au culte païen de Cibèle, la déesse de la terre mais aussi mère des dieux. Converti au christianisme il va conserver de sa croyance originale la volonté de donner aux femmes un rôle prépondérant dans son nouveau culte. Selon Montanus Jésus avait promis d’envoyer le paraclet (saint Esprit) après sa mort, pour continuer à enseigner les choses qui n’avaient pas été comprises durant sa vie.
Montanus prétendait être non le paraclet, mais le véhicule au travers duquel il se manifestait. Il associa à son culte deux femmes qui semblaient être bien disposées pour les extases et la suggestivité. Priscilla (ou Prisca) et Maximilla qui après avoir quitté leurs maris et avoir été élevées au rang de vierges devinrent prophétesses.
La persistance du culte de Cybèle dans le christianisme de Montanus apparaît encore quand on sait que cette déesse de la terre pratiquait la divination et que surtout il était coutumier de lui élever des temples près des fissures d’où s’échappaient des gaz. Si le lien avec la Pythie de Delphes est évident, il n’en reste pas moins que son avatar grec est Déméter.
Quoiqu’il en soit l’activité des deux prêtresses, et surtout leur succès, ne fut pas du goût de tout le monde et les opposants proposèrent de les faire exorciser. Montanus refusa au prétexte que c’eut été exorciser le Saint Esprit. Les évêques régionaux décidèrent d’excommunier les disciples de la secte.
Les cataphrygiens exaltaient la virginité, interdisaient les secondes noces, interdisaient de remettre certains péchés, en particulier en cas de récidive. Ils étaient chiliastes et attendaient donc le prochain retour de Jésus. Maximilla mourut après Montanus et Priscilla. Elle avait annoncé qu’elle serait la dernière prophétesse avant la fin du monde.
Pour faire bonne mesure, et avec les réserves d’usage, les Montanistes furent soupçonnés de pratiquer des actes de barbarie sur de enfants :
« .. avec une lancette ils pratiquent une foule de piqûres sur le corps d’un enfant d’un an : le sang qui en sort est mélangé à de la farine, et ils en font du pain, et préparent ainsi une sorte d’Eucharistie. Si l’enfant meurt on le regarde comme un martyr, s’il survit, comme un grand prêtre »

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Les Célicoles

Les Célicoles ou Coelicoles furent appelés ainsi parce qu’ils étaient des adorateurs du soleil. Chrétien apostats retournés au judaïsme, il semble probable que ce nom fut donné à la fois à une secte chrétienne et à certains adeptes du judaïsme.

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Les Cerdoniens

Cerdon, comme Simon et saturnin reconnaissait l’existence d’un être suprême qui avait généré des esprits moins parfaits que lui. Mais pour Cerdon, la préoccupation majeure était de comprendre à quel moment cet Etre suprême et bon par excellence avait commencé à créer le mal. La seule explication était l’existence de deux principes l’un bon l’autre mauvais. Cette dualité s’expliquait d’autant plus que si selon la doctrine de Simon l’être suprême avait envoyé son Fils unique pour les sauver du mal, comment se faisait-il qu’il n’y soit pas encore parvenu si ce n’est que nous sommes en présence de deux principes séparés, et que ce fait , le Dieu bon et parfait n’a pas un total pouvoir sur le principe du mal.

De là à considérer que ces juifs aux pratiques pénibles et à l’histoire douloureuse étaient le produit du mal, et que les chrétiens porteurs d’indulgence et de bienfaisance étaient les représentant du bien il n’y avait qu’un pas. Ce pas, Cerdon le franchit. Le principe bienfaisant n’avait pu envoyer son Fils pour subir des souffrances qui son contraires à sa nature et ce n’est qu’une apparence de chair qui s’est manifestée en Jésus et non une ioncarnation.

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Les Cérinthiens

Les cérinthiens sectateurs de Cérinthe, considéraient que le monde n’avait pas été créé par Dieu l’inconnaissable, mais par des puissances inférieures éloignées et même ignorantes de Dieu (Les anges selon St. Augustin). En d’autres termes ils épousaient les thèses gnostiques courantes. Jésus n’était qu’un homme de bien qui avait reçu lors de son baptême le Christ sous la forme d’une colombe, mais celui-ci l’avait abandonné à la fin de sa vie. Le Christ reviendrait un jour et alors pendant une durée de mille ans, les élus d’adonneraient aux plaisirs de la table et à la débauche. (..Ils satisferont les plaisirs du ventre et de ce qui est en dessous du ventre.) Les cérinthiens étaient donc des chiliastes c'est-à-dire des millénaristes qui annonçaient une période de paix de mille ans avant le combat final entre bien et mal. Certains auteurs présument que l’Apocalypse de Jean pourrait avoir été écrite par Cérinthe, d’autres au contraire pensent que cet apocalypse à bien été écrite pas Jean pour contrecarrer les idées de ce Cérinthe. Quoi qu’il en soit, les données historiques sont incertaines et Cérinthe comme souvent est connu grâce à des détracteurs (Irénée de Lyon) qui en voulant éradiquer l’hérésie lui ont offert une part d’éternité. Les Cérinthiens furent aussi appelés les Mérinthiens, et comme le disait Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont (..soit que Cérinthe ait eu un coadjuteur des ses folies, soit qu’on lui ait donné l’un et l’autre nom).

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Les Cléobiens

Cléobule, fondateur de cette secte, niait la toute puissance de Dieu, et l’autorité des prophètes. Il attribuait la création du monde aux anges et prétendait que Jésus-Christ n’était pas né d’une vierge. Rien de plus qu’un :
contradicteur exercé à la dispute, habile dans l’art de persuader le peuple, animés par un intérêt du système, et par l’amour de ka célébrité qui est la passion ordinaire des chefs des sectes.

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Les Colluthiens

Colluthe, prêtre d’Alexandrie, sectateur « ignorant dans un siècle de lumière » aurait pu passer inaperçu dans nos listes, même s’il affirmait que Dieu n’est pas l’auteur des maux qui nous affligent. Que Colluthe se rendorme, ce n’est pas lui qui nous réveille, mais bien le fait qu’il fut considéré comme hérétique.
Nous avons vu que Florin était hérétique car il affirmait que Dieu était le créateur du mal. Voilà maintenant que Colluthe avait droit au même régime en affirmant le contraire. Les uns et les autres se basaient sur les écritures. Si Florin se référait à la Génèse I,31 Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici, cela était très bon. Et il y eu un soir, et il y eut un matin .
Colluthe se référait à Isaïe XLV,7.
Je suis Yahvé, il, n’y en a pas d’autres, le fondateur de la lumière, le créateur des ténèbres, le faiseur de paix, le créateur du mal, moi, Yahvé l’auteur de tout cela

.

En résumé comment pouvait-on juger hérétique celui qui affirmait une chose et celui qui affirmait son contraire. La réponse pour Colluthe se trouve sans doute dans le fait qu’il s’était séparé d’Alexandre, son évêque, et s’était déclaré évêque de sa propre autorité .

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Les Colorbassiens

Augustin les appelle les Colorbasien, mais il semble que le nom vienne de Colarbase, disciple de Valentin qui appliqua les principes de la cabale et de l’astrologie au système de son maître et considérait en particulier que le vie dépendait des sept planètes.

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Les Donatistes

Le donatisme n’est pas à proprement parler une hérésie, mais en l’absence de véritable et profonde divergence doctrinale, il se limite à un schisme. Son origine se situe dans le climat des persécutions qu’ont eu à subir les chrétien d’Afrique romaine vers la fin de troisième siècle. Face à ces persécutions, les uns résistèrent jusqu’au martyr,d’autres vont se soumettre, et enfin, certains chefs religieux vont livrer leurs semblables aux romains, et brûler les livres sacrés.( d’où leur nome traditores = livres sacrés ou lapsi= celui qui est tombé)

Vers l’an 305 la situation redevient calme. L’église peu à peu passe l’éponge sur l’attitude des « traditores » et les accepte à nouveau dans son sein. L’affaire se gâte en 312 lorsque pour la succession de l’évêque de Carthage est choisi Caecillius. Ce dernier ayant été nommé par Mensurius un évêque « traditores », son ordination ne pouvait être reconnue. Entraînés par l’évêque Donat soixante-dix évêque de Numidie élurent un concurrent, Majorius.Constantin Ier d’abord peu enclin a se mêler du problème dû se résoudre à intervenir et finit par ordonner la dissolution des opposants, partisans de la solution de Donat, les donatistes.

Ce qui aurait dû rester une affaire d’église va devenir une affaire politique. Vers les années 340 les circoncellions, des bandes d’ouvriers agricoles itinérants se soulevèrent contre les propriétaires terriens. Le donatiste en vinrent à faire cause commune avec ces circoncellions. Constant Ier envoya des commissaires en Afrique pour apaiser les querelles religieuses en attribuant des ressources aux communautés. Donat refusât tout subside et la tournée des émissaires tournât en affrontement armé.

Durant quelques décennies le donatisme connu diverses fortunes, mais il faudra attendre la conquête arabe de la fin du VIIème siècle pour les voir disparaître totalement . Le donatisme entretenait quelques divergences avec l’église orthodoxe, en particulier en ce qui concerne le Saint-Esprit. Mais le fait majeur de ce schisme est d’avoir marqué très nettement sa volonté de libérer l’église de l’autorité de l’état, préfaçant ainsi la séparation des pouvoirs.

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Sur le sujet consultez aussi de la gnose au Cathares.

Les Ebionites

Jésus était juif. Il a été élevé dans une famille juive, respectait la loi et la tradition juive. Il suivait le shabbat, était circoncis et mangeait probablement kasher. Il enseigna sa doctrine d’un Dieu qui voulait que les juifs soient son peuple. Le Christ considéré par certains de son vivant comme le Messie juif venu délivré son peuple de l’oppression romaine, dut attendre sa mise à mort pour que l’on commence à entendre dire que son message n’était pas réservé aux juifs, mais concernait aussi les gentils.
Cependant les gentils païens étaient des polythéistes qui ne suivaient en rien les règles éthiques, ni même les obligations alimentaires de la Loi j uive. Devait-on devenir juif pour être chrétien ?
Paul tenta d’apporter une sorte de compromis. Les gentils qui devenaient disciples de Jésus devaient vénérer et adorer le Dieu des juif, et lui seul. Ils n’avaient pas en contre partie à adopter les « manières » juives.
Peut-on être chrétien sans être juif auquel cas Jésus peut difficilement être accepté comme le Messie juif. Et si Jésus est le Messie, comment pourrait-on être chrétien sans être juif. Deux mouvements vont opter pour des choix opposés, les ébionites qui veulent être juifs, et les marcionites qui rejettent tout ce qui est juif.
Pour les ébionites cette fois-ci il n’est pas certain que le nom vienne d’un fondateur nommé Ebion, mais plus probablement, et toujours sans certitude, de l’hébreux ebion qui veut dire pauvre. Selon des sources indirectes nous savons que les ébionites étaient des disciples juifs de jésus. Ils croyaient que Jésus était le Messie envoyé par le Dieu des juifs, et qu’appartenir au peuple de Dieu exigeait que l’on soit juif.
Sur le plan doctrinal, les ébionites n’étaient pas d’accord sur la naissance virginale de Jésus ni sur la notion de sa préexistence. Jésus était fils de Dieu non par naissance mais par « adoption ». En se sacrifiant Il avait rendu un sacrifice ultime qui ne rendait plus nécessaire le sacrifice des animaux.

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Les Elcésaïtes

Les Elcésaïtes se nommaient également Elceséens, Ossoniens , ou encore Sampséens. Il s’agit là d’une secte « fanatique » qui prend quelques idées chez les chrétiens et les ébonites, pratiquent la magie, l’astrologie judiciaire (horoscopie), invoque les démons et observe les cérémonies judaïques.
Ils appelaient Jésus le grand roi, croyaient que le Saint-Esprit est une femme. Elxaï se joignit à leur secte et fut considéré comme la puissance annoncée par les prophètes. Deux sœurs de la famille de ct ElxaÏ, Marthe net Marlène étaient considérées comme des déesses.
En résumé et selon Epiphane cette secte ne pouvait être rangée ni parmi le juifs, ni les chrétiens, ni les païens, mais était un mélange de chaque. Si la provenance du nom elcésaïte est évidente, celle de sampséen vient de l’arabe shemsi, ou shamsi qui signifie les solaires, par référence au fait que ces sectaires ont adoré le soleil.

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Les Encratites

Les encratites sont les disciples de Tatien, considéré en son temps comme un père de l’église, disciple de Saint Justin, qui :
" S’enflant de la pensée qu’il était le maître, et se croyant dans son orgueil supérieur à tout le monde, il voulut donner à son école un trait distinctif. Comme les disciples de Valentin il imagina des éons invisibles. Comme Marcion et Saturnin il déclara que le mariage était corruption et débauche, et de lui-même enfin, il s’inscrivit en faux contre le salut d’Adam "
Le mariage était donc une corruption et une débauche dont il fallait attribué l’origine au démon. Les encratites s’abstenaient de la chair des animaux et du vin qu’ils ne servaient pas même dans l’Eucharistie. Ils étaient connus sous les noms d’Hydroparastates, Continents, et Aquariens, sans doute parce qu’ils substituaient l’eau au vin dans l’Eucharistie. L’origine de cette substitution viendrait de l’époque où victimes de persécutions les encratites évitaient le vin dans leur Eucharistie de peur que son odeur ne les fasse repérer. Quant au terme Hydroparastate, il est synonyme « abstème » buveur d’eau.
La répugnance envers le vin posa un problème aux calvinistes qui admirent que l’on pouvait en temps qu’abstinents être admis à la cène du moment que l’on touche la coupe (de vin) du bout des lèvres.
Disons encore un mot sur Tatien. Alors que Justin, son maître montre en grand respect pour la philosophie païenne, Tatien abomine tout ce qui est grec, philosophie, art, science et même la langue. Il est probable que la « liberté » de certains rites païens auxquels il avoue avoir assisté : …j’ai été admis aux mystères ; j’ai examiné toute sorte de rites religieux accomplis par des efféminés et des androgynes.. : soit une sorte d’homophobie latente qui pourrait en tous cas expliquer le caractère ascétique excessif de sa secte.

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Les Floriniens

Disciples du prêtre Florin, les Floriniens considéraient que Dieu était le créateur du mal. Ils se basaient sur les écritures qui annonçaient : Dieu créa toute choses, et voilà que tout était bon.. Voilà par excellence le genre de phrase qui ouvre la voie à la controverse et se solde bien souvent par la mise au banc hérétiques des contradicteurs.
Si Dieu a créé toutes choses, alors il a créé le mal. S’il a créé le mal, alors tout ne peut pas être bon, et dans ce cas les écritures ont faux. Mais c’est là que surgit la voie de la vérité, le débat d’expert qui va peu a peu donner plus d’importance à la forme qu’au fond, avec le résultat que l’on a observé. Cette subtilité qui remet les pendules orthodoxes à l’heure est que le mal créé par Dieu n’est que celui nécessaire à nous infliger les peines que nous méritons à cause de nos péchés. Pour faire simple, le mal est un bien pour notre bien. Retour à la case péché originel, circulez, il n’y a rien à voir.

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Les Helvidiens

Une autre appellation de la secte des antidicomarites (voir chapitre), venant d’un arien Helvidius, sans doute à peine lettré comme il est dit en langage distingué en ces termes : …qui avait à peine la première teinture des lettres.

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Les Hiéracites

Hierax ou Hiéracas, était le chef de cette secte. Il niait la résurrection de la chair, condamnait le mariage. Cette aversion poussait ses sectaires à n’accepter dans sa société que les moines ou les célibataires, ou, pour les femmes, les vierges et les veuves. Les enfants morts avant l’usage de la raison n’avaient pas droit au ciel car ils n’avaient accomplis aucune bonne œuvre.
Pour Hiérax encore, le Fils a été engendré du Père, et le Saint-Esprit émane du Fils. Ce Saint-Esprit aurait été Melchisédech selon ce que lui apprit un rêve.

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Les Héracléonites

Secte fondée par Héracléon, un partisan des thèses de Valentiniennes, qui cherchât à concilier ces thèses avec les Ecriture saintes. Il cherchât en particulier dans les évangiles à trouver des significations allégoriques pouvant justifier l’existence des Eons.

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Les Jovinianistes

Moine milanais, Jovinien vécu une vie extrêmement austère jusqu’à ce qu’arrivé à Rome, il succombe aux plaisirs et aux passions. Il se mit opportunément à soutenir, que la bonne chère et l’abstinence n’étaient en elles-mêmes ni bonnes ni mauvaises, et qu’on pouvait user de toutes les viandes pourvu qu’on en usa avec action de grâce.
Il prétendait que la virginité n’était pas mieux que le mariage, et que Marie n’était pas demeurée vierge après l’enfantement de Jésus. Pour Jovinien toujours, le baptême conférait une sorte d’immunité envers les démons, et une garantie de récompense dans le ciel à venir.

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Les Macédoniens

L’histoire de cette secte est significative d’un état d’esprit, et pourrait symboliser la fameuse grande prostituée dont nous parle l’apocalypse et que certains considèrent être Rome, mais qui pourrait tout aussi bien être un état d’esprit, un archétype de la nature humaine dans ce qu’elle a de plus négatif. La religion de paix et d’amour annoncée par les Christ et surtout ses apôtres n’a pas encore fait ses premiers pas, que déjà en son nom vont s’affronter ses propres partisans ppour ce qui est en fait que cette soif de pouvoir et par amour de la célébrité, qui est la passion ordinaire de ces chefs de sectes

Tout commence dans une affaire de succession. A la mort d’ Alexandre, évêque de Constantinople, les défenseurs de la consubstantialité du verbe élurent Paul comme successeur, et les Ariens, Macédonius. Constance tranche, choisit Eusèbe sur le siège. Eusebe décède rapidement, les deux adversaires reviennent à l’assaut, Constance veut chasser Paul, le peuple s’y oppose, Constance se fâche, catholiques et arien s’affrontent, les soldats cryant à un soulèvement rétablissent l’ordre à coup d’épée. Résultat : trois mille morts.

Macédonius finit par monter sur le trône épiscopal, et persécute catholiques et novatiens, et ces derniers particulièrement visés par la haine macédonienne luttèrent et anéantirent quatre régiments envoyés pour les réduire. Macédonius sera finalement déposé par Constance, ce qui augmentera sa haine et le poussera sans doute à apporter une base doctrinaire en justification de ses ambitions.

Voulant se venger des ariens il reconnu la divinité du Verbe qu’ils niaient, et il nia la divinité du Saint-Esprit que les catholiques reconnaissaient. Selon Macédonius le Saint-Esprit n’est nulle part appelé Dieu, l’écriture n’oblige ni de croire en lui, ni de le prier. Il ne conçoit pas plus l’existence de cette troisième personne dans la substance divine. Si le Saint-Esprit n’est pas engendré, en qui diffère-t-il du Père, et s’il est engendré en quoi diffère-t-il du Fils. Dira-t-on qu’il est engendré par le Fils, alors on admet un Dieu grand-père et un Dieu petit-fils.

Les macédoniens furent aussi appelés les pneumatomaques, c'est-à-dire els ennemis du Saint-Esprit, ou encore les maratoniens à cause de Marathone évêque de Nicomédie, qui reprit les thèses de Macédonius.
Les « erreurs » des macédoniens sur le Saint-Esprit se retrouvent chez les Sociniens et les antitrinitaires.

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Les Marcionites

Marcion, évangéliste de IIe siècle, conçut ses idées au travers d’une interprétation personnelle des Epitres de Paul dans lesquels il crut trouver les traces d’une opposition entre la Loi et l’évangile. Paul soutenait dans ses Epitres qu’une personne était en accord avec Dieu par sa foi dans le Christ et non en suivant la Loi, c'est-à-dire de la Loi juive de ce qui deviendra l’Ancien Testament.

De là Marcion déduisit que l’évangile est amour, pitié, pardon, alors que la Loi n’est que menace, jugement, culpabilité, punition. Le Dieu de l’Ancien Testament est le Dieu de Justice qui créé un homme faible, et fait d’Israël son peuple. Le Dieu de l’évangile est le Dieu bon qui a pitié des hommes et leur envoie sont fils pour les sauver, juifs ou non. .

Marcion reprochant au christianisme de rester coller au judaïsme et à son canon de l’Ancien Testament au lieu d’établir ses propres références, entreprit l’œuvre d’identification. Rejetant totalement l’Ancien Testament, il ne retenait dans le nouveau qu’une partie de l’évangile de Luc et quelques épitres de Paul. Moraliste excessif, chiliaste convaincu, il n’admettait le baptême que pour ceux qui faisaient serment de célibat, ou pour les couples mariés qui juraient de faire abstinence. Il ne mangeait pas de viande et s’abstenaient de toute distraction. .

Pour les marcionites Jésus est bien venu sauver les hommes, mais il ne s’est pas véritablement incarné, car en temps que fils de Dieu il ne pouvait se corrompre dans la matière. De ce fait la crucifixion n’est qu’une illusion (docétisme). De plus c’est le Dieu bon, celui des anciens temps qui à envoyé Jésus et c’est le démiurge, le dieu des juifs qui l’a mis à mort. L’homme ne pourra être sauvé qu’à la fin des temps, ce qui pour Marcion comme pour beaucoup à l’époque ne saurait tarder.

Avec cette thématique Marcion jette les archétypes des disputes à venir. Au-delà de la question de la séparation des chrétiens et des juifs, c’est la nature de la personne de Jésus Christ qui est en cause. Pire encore, volontairement ou par inadvertance Marcion en voulant séparer à tous prix juifs et chrétiens finit par émettre une doctrine polythéiste qui est étrangères à chaque camp. .

Le loup du pont (comme l’appelait Tertullien en référence à son origine et son caractère), écrivit deux ouvrages majeurs, l’Evangélion ou l’évangile de Luc débarrassé de son judaïsme et l’Apostelion, les actes de Paul également révisés, puis il réunit un concile des dirigeants de l’église à Rome où il exposa ses idées. Loin de soulever l’enthousiasme il fut chassé de la communauté et se réfugia en Asie mineure où là par contre ses idées furent favorablement accueillies, donnant naissance à une église Marcionite dont on signalait toujours l’existence au Ve siècle. .

Marcion a été le premier à affirmer que les chrétiens se devaient d’avoir leurs propres textes de référence et se débarrasser de la Bible qui restait attachée à la seule Loi des juifs et de leur dieu secondaire. Avec ses deux ouvrages il a créé le principe des écrits canoniques qui devaient déboucher sur la sélection souvent arbitraire et contradictoire d’écrits réputés chrétiens et qui formeront le Nouveau Testament. Marcion avait vu juste en affirmant la nécessité de se distinguer des juifs, ou du moins l’histoire des vainqueurs lui a donné raison. Cependant s’il a été aussi violemment exclu de la communauté chrétienne en proposant une démarche qui tentait une grande partie de cette communauté c’était avant tout en raison de circonstances historiques. Il ne faut pas oublier que dans la Rome antique l’antériorité d’une religion était la condition de son acceptation. Prendre le risque de se séparer du judaïsme équivalait pour le christianisme de l’époque, à se priver de l’ancienneté de ce judaïsme, et perdant ainsi toute antériorité de se voir rejeter du rang de religion à celui de secte. D’une certaine manière en reconnaissant l’Ancien Testament mais en lui imposant la révision critique du Nouveau, les chrétiens ont réussi le grand écart qui leur à permis de conserver leurs racines pour mieux les rejeter.

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Les Marcites

Augustin nous parle d’un je ne sais quel Marc devint hérétique sans plus de certitudes. Il faut consulter le dictionnaire historique de Moreri (1712) pour qu’un lien formel soit établit entre Marc et les marcites.
Les Marcites étoient ainsi nommez de Marcus, qui conferoit aiux femmes le sacerdoce et le pouvoir d’administrer les sacrements

Marc était disciple de valentin et comme lui reconnaissait l’existence des Eons. Selon Iréné Marc semble fonder sa doctrine en partie sur la cabale qui suppose des vertus attachées aux mots. La doctrine de Marc semblait fondée sur cette théologie arithmétique dont on était fort entêté dans ce second et troisième siècle

Selon Valentin l’esprit éternel avait produit la pensée qui à son tour à produit l’esprit, qui ensemble (esprit-pensée) ont produits d’autres êtres jusqu’aux éons dans une suite de mariages. Marc estima que le premier principe n’était ni mâle ni femelle et qu’il était en revanche capable de produire seul les éons sans avoir besoin de la suite de « mariages » imaginée par Valentin.
Marc faisait du verbe l’artisan de la création en considérant la magie du mot qui étant prononcé devenait un ordre créateur. De cette manière le démiurge ayant prononcé le mot arché c'est-à-dire « le principe » créa un être semblable à lui-même, après quoi avant de se reposer, il prononça quatre mots contenant 30 lettres. Marc concluait que Dieu avait créé trente éons auxquels il avait abandonné le monde.

Ce nombre de trente éons n’était pas satisfaisant. Le nombre de 24 paraissait plus parfait du fait qu’il représentait le nombre de lettre de l’alphabet grec, qui comportait entre l’alpha et l’oméga la plénitude de tous les possibles. Totalement obnubilé par ses théories auxquelles il finit par accorder une valeur magique, Marc décida d’accomplir des miracles dont en particulier changer le vin de messe en sang. Il y parvint par le truc de la fontaine des noces de Cana. Par cette supercherie il attira l’admiration et la convoitise des femmes de préférence riches et belles, et leur fit croire qu’il pouvait leur transmettre le pouvoir miraculeux, sans oublier de dire qu’il en était la source.

Pour l’accomplissement du culte marcite on faisait prendre aux femmes de potions destinées à les mettre dans des dispositions favorables à l’assouvissement des passions,tout en les persuadant que tout était permis aux adeptes de la secte.
N’étant pas prêtre, Marc s’est sans doute senti obligé « d’accomplir » des miracles pour justifier son ingérence dans la prêtrise, ignorant à l’occasion la nature symbolique de la transsubstantiation qu’il prit au pied de la lettre.

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Les Marcosiens

La doctrine marcosienne est celle de Valentin revue et corrigée par son disciple Marc. Alors que pour Valentin le monde est créé par une succession de couples multipliant le principe premier, pour Marc, c’est au mot « Verbe » que revient la faculté créatrice. De la puissance des mots, les marcosiens déduisaient pouvoir par leur intermédiaire communiquer avec les esprits, faire des miracles en d’autres termes pratiquer la magie.
Les orgies qui leur sont attribuées semblent relever d’un dénigrement systématique de la part des Pères de l’église plus que de faits avérés. Les marcosiens admettaient l’ancien testament et une partie du nouveau. Ils donnaient le baptême avec de l’eau mêlée d’huile de baume.

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Les Malchisédéciens

Créée par Théodote le banquier adepte cléobien, cette secte niaient la divinité de Jésus-Christ et prétendaient qu’il était inférieur à Melchisédech. Comme toujours la réaction des orthodoxes sera le dénigrement face à ce qui semble relever le moindre détail qui pourrait conforter une thèse indéfendable. Mais d’abord qui était Melchisédech ?

Melchisédech est un des personnages les plus mystérieux de la Bible. A la fois roi et prêtre il n’a ni père, ni mère, ni parenté terrestre. Paul dans son épitre aux Hébreux nous en parle ainsi ;
[…]Et le Christ ne s’est pas non plus attribué la gloire d’être devenu grand prêtre, mais il la tient de celui qui lui a dit : Tus es mon Fils, je t’’ai engendré aujourd’hui. Comme il est dit encore ailleurs : Tu es prêtre pour toujours, selon l’ordre de Melchisédech. […]

Les Melchisédéciens déduisirent de cet Epître que Jésus recevant sa prêtrise de Melchisédech, était son subalterne. Considéré comme un ange par certains, comme le Saint-Esprit et même Jésus-Christ par d’autres, Melchisédech est pour Paul avant tout un argument.
Dans l’Epître de Paul le mot « prêtre » pourrait être une traduction du terme « sacrificateur ». D’ailleurs les traductions en langues française et anglaise indiquent selon les cas un terme ou l’autre. Paul semble bien utiliser le terme dans sa signification de « sacrificateur » , et c’est en tous cas ce qui va lui permettre de contredire les arguments de Mélchisédéciens. La fonction de sacrificateur dans la loi juive répondait à des règles très strictes d’appartenance à la tribu de Lévi et la famille d’Aaron. D’autres exigences concernant la généalogie pouvaient, si elles n’étaient pas respectées, interdire l’accès à la fonction.
Le prêtre sacrificateur ne pouvait exercer son office que de ses trente ans jusqu’à ses soixante ans. Le souverain prêtre et sacrificateur lui ne pouvait prendre son office qu’a la mort de son prédécesseur, et le perdre à sa propre mort. Ainsi tous étaient frappés des limites du temps. Il n’en fut pas de même pour Melchisédech qui n’ayant pas de prédécesseur ni de successeur n’eut pas de bornes à l’exercice de son ministère.
Ainsi Paul, en confirmant que Jésus tenait son pouvoir de Melchisédech, sous-entendait que Jésus n’avait ni prédécesseur ni successeur puisqu’il était l’unique Fils de Dieu, ce qui de fait le dédouanait de la Loi juive en la matière.

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Les Méléciens

Mélèce, évêque de Lycopolis, déposé par son métropolitain vers l’an 306 pour avoir sacrifié aux idoles, refuse la sanction et provoque un schisme qui va durer un siècle et demie. Ce schisme relève plus de la dispute autour d’une question de pouvoir que d’une véritable hérésie car aucun message doctrinaire semble exister.

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Les Ménandriens

Ménandre disciple de Simon le magicien, se considérait comme le Messie. Ses sectateurs les ménandriens affirmaient que l’intelligence supérieure « Ennoia » avait créé le monde sensible et intelligible par émanations successives d’entités de moins en moins pures au fur et à mesure qu’elles s’éloignaient de leur source absolue. Ces entités ou génies auraient été les anges selon ce qu'en déduisit Saint Augustin. Mais Valentin et les autres gnostiques les appelèrent ultérieurement les éons.
Ménandre administrait le baptême en son nom, en lui attribuant la capacité de donner l’immortalité. Les ménandriens pratiquaient la magie, et le spiritisme.

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Les Manichéens

Mani, le fondateur du manichéisme est un perse élevé dans un milieu chrétien gnostique. Il affirme que sa révélation est la dernière et être en contact avec un ange. Lors de ses prédications il rencontrera le roi sassanide Shapur Ier qui trouvera dans la doctrine de Mani les éléments originaux pouvant permettre de fonder une religion nationale propre à fédérer son empire. Avec la disparition de ce roi, on assistera au rétablissement du mazdéisme. Mani finira sa vie en prison victime de mauvais traitements.

Le manichéisme est un syncrétisme du zoroastrisme, du christianisme et du bouddhisme. Sa pierre fondamentale est tirée de la mythologie de l’Avesta (ensemble des textes sacrés du mazdéisme), et repose sur la cohabitation de deux dieux adversaires. L’un essence du bien constitue la lumière, l’autre cause et substance du mal, Prince du monde, Satan, est le créateur de la matière.

Les puissance de la matière dans leurs incessants combats aperçurent la lumière qui leur était inconnue, et voulurent y pénétrer. En réponse à cette tentative d’intrusion le Prince de la lumière créa la Mèrede la vie, qui à son tour créa le premier humain, ou plus exactement son l’archétype humain. Pour aider au combat furent créés cinq éléments, le vent, la lumière, l’eau, le feu, et la matière, tous étant des productions supérieures n’ayant rie à voir avec les créations du Prince de ténèbres dont l’œuvre ne fut qu’une triste contrefaçon.

Vaincu par la puissance des ténèbres, l’humain primordial fut dépouillé de son âme. Aidé par l’esprit de vie dans son retour vers la lumière, l’Humain se fit voler une partie de son essence lumineuse par le prince de mal, essence qui resta prisonnière des corps matériels. De ce fait le principe de Vie se mit à agir dans toute création afin de permettre la libération des parcelles de lumière enfermées dans la matière. Pour lutter contre cette hémorragie, le Prince des ténèbres créa un être dans lequel l’âme resterait attachée à la matière et au monde inférieur, et cet être créé à l’image de l’Homme premier, l’homme.

Comme tout gnosticisme, le manichéisme prônait que la libération de la matière ne pouvait être obtenue que par la connaissance. C’est au travers d’une série de réincarnation que l’âme apprend à se dégager de la matière qui l’emprisonne pour finir par rejoindre l’humain premier. .

Chez les manichéens les auditeurs constituaient le plus grand nombre. Ils étaient en charge de l’intendance. Le plus petit nombre était constitué des parfaits qui devaient se consacrer à la contemplation, renoncer à la propriété, au travail, observer célibat et continence, ne pas consommer de nourriture animale, s’abstenir de liqueur forte. Ils devaient ne détruire aucunes plantes.

Pour Mani, le Christ n’avait pas pu s’incarner du fait qu’il ne pouvait se soumettre à la matière en s’y incorporant. En foi de quoi sa naissance, ses souffrances, sa mort et sa résurrection n’étaient que des apparences destinées à se manifester aux yeux des hommes. Ce qu’il avait à annoncer ne pouvait être compris et Jésus promis d’envoyer un Esprit de vérité qui viendrait compléter l’enseignement.

Augustin va plus loin et accuse les manichéens de s’adonner a des rites obscènes, dont en particulier recevoir une Eucharistie faite d’un mélange de farine et de semence humaine recueillie lors d’un accouplement . Ces turpitudes et bien d’autres sont rapportées par Augustin qui en temps qu’ancien manichéen peut être sujet à caution.

Eliminé de Perse et remplacé par le mazdéisme, le manichéisme semble avoir été présent à Samarkand, au Turkestan, en Chine, Tibet, Inde, Arménie et en Afrique, avant de ressurgir plus tard dans quelques sectes, donc les Bogomiles qui eux-mêmes ont probablement influencé le Catharisme.

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Les Messaliens
(Aussi nommés : Euchites, Euchètes, Sataniens, Martyriens,Chorutes, Adelphiens, Eustachiens, Psaliens, Eustathiens, Euthites, Marcianistes, Marcionites, Enthousiastes)

(Article révisé et complété en janvier 2011)
«Ne travaillez point pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui demeure dans la vie éternelle». Sabas prit ces paroles de jésus à la lettre et en conclut qu’il ne fallait pas travailler. Mais Sabas n’était pas un cas isolé et rejoignait dans son délire mystique un ensemble de croyances communes à des sectes chrétiennes qui nous sont connues sous différents nom qui, comme d’habitude, relèvent soient d’une caractéristique propre à leurs croyances leurs pratiques ou leurs mœurs, ou à un individu qui s’est imposé à la tête d’une secte.Ici nous sommes en présence de la secte de Messaliens dont le nom signifie en syriaque «les prieurs» dont le verbe prier traduit en grec donne le mot «Euchites» qui est un des autres noms donné à ce courant sectaire (Parfois Euchètes).
Les messaliens sont aussi connus sous le nom de «Chorutes» (danseurs) en référence à l’état de transe qu’ils atteignent et par lequel ils sont supposés piétiner le démon. C’est sans doute cette pratique, mais aussi leur rapport particulier au mal, qui leur attribut parfois la dénomination de «Sataniens» . Au cours de ces cessions qui par certain côté pourrait bien s’apparenter aux transes des animismes africains, les messaliens prétendent recevoir le Saint Esprit en eux, et à défaut d’autre certitudes cette affirmation leur donne le droit à une autre appellation générique, les «Enthousiastes» (d’enthéos qui signifie –Dieu en soi, être possédé par Dieu).

D’autres sources les nomment parfois à tort manichéens, sans doute par assimilation simplifiée au gnosticisme en général. Mais c’est encore sous les noms d’ Adelphiens (adeptes d’Adelphe) d’ Eustachiens (adeptes d’Eustache) qu’on les rencontre ou même de marcionites ou marcianites en référence à un Marcien, probablement Marcien le banquier ? À ne pas confondre avec les marcionites adeptes de Marcion. Pour conclure sur cette foison de nominations, disons encore que l’on retrouve parfois cette secte avec le nom de Psaliens (traduction latine du sens, prier).

Revenons à notre Sabas qui vendit tous ses biens pour en distribuer le prix aux pauvres. Il ne fut en cela qu’un maillon de cet ensemble sectaire qui considérait que Dieu devait pourvoir à tous besoin, et qu’en conséquence le travail était incompatible avec la nature humaine. Ils renonçaient à posséder tous biens, vivaient comme des clochards, souvent en bande, mélangés entre hommes et femmes et s’adonnant sans doute eu libertinage.
Les messaliens affirmaient que le démon possédait toute âme à la naissance, et que le baptême n’empêchait en rien le mal de cohabiter avec le Saint esprit. La seule façon de chasser le démon est de prier. Seule la prière peut permettre d’atteindre d’état «spirituel» (autre nom qu’ils se donnaient) dans lequel tout parfait c'est-à-dire tout adeptes accompli est capable de voir Dieu dans toute sa lumière.
Jésus lui-même ne fut pas épargné à sa naissance et son âme était tout autant possédée. Les messaliens refusaient le symbole de la croix qu’ils voyaient comme un signe du supplice du Christ et certainement pas comme un symbole rédempteur. Dans la foulée ils ne vénéraient pas la Vierge et ne croyaient pas d’avantage à l’efficacité des sacrements.
Comme on le constate les messaliens ne font que reprendre sous leur propre partition les thèmes récurrents du gnosticisme, le monde création du mal, le retour à la divinité par un mépris de la matérialité qui se démontre par des abus de tous genres.

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Les Métagismonites

Les Métangismonites prétendaient que dans le trinité le Fils ou le Verbe étaient dans le père comme un vase dans un autre vase, ce qui est la traduction de leur nom.

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Les Naasséniens

Secte ophite, leur nom vient de «nahas qui veut dire serpent. Pour eux vient en premier « l’être des êtres » moteur universel et immobile. Puis au-dessous le fils de l’humain ou Adamas être androgyne dont sort la substance et la forme dont procède la matière et l’esprit. Des nombreux éons issus d’Adamas émerge Yaldebaôt identifié à Yahveh, le Dieu des juifs qui se laissera séduire par la Sophia. Le Christ informe les humain de l’existence du Père universel et les ramènent à lui.

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Les Nazaréens

Le nom de Nazaréen à d’abord été celui des chrétiens, ou du moins, d’une secte de juifs qui croyaient en Jésus de Nazareth, sans pour autant rejeter le judaïsme. Ils sont assimilés à ce que le Talmud appelle les Minim, à savoir ; des juifs hérétiques. Les nazaréens décidèrent qu’il fallait obéir à Moïse, et observer la loi de Jésus-Christ, ce qui leur valut d’être excommuniés par les juifs et les chrétiens.
Pour les nazaréens juifs et chrétiens altéraient à la fois la doctrine de Moïse et celle de Jésus-Christ. Comment pouvait-on prétendre que les écrits venaient de Moïse alors qu’ils nous parlent d’un Adam sortant des mains de Dieu se soit laissé séduire par un mensonge aussi grossier que celui que nous rapporte la genèse. Peut-on croire à un livre qui traite Noé en ivrogne, et d’Abraham et Jacob en concubinaires impudiques. Peut on croire comme étant la parole de Moïse un écrit qui nous dit que Moïse mourut, qu’on l’ensevelit près de Phogor, et que personne n’a trouvé son tombeau jusqu’à ce jour. De plus ces écrit ayant péri dans les flammes lors de la destruction du temple par Nabuchodonosor, ce ne sont que des réécritures, avec ce que cela comporte comme risques.

De la même manière nous ne connaissons la doctrine de Jésus-Christ que par ses apôtres auxquels Jésus a souvent reproché de ne rien comprendre. Les Nazaréens furent finalement aussi rejetés par les chrétiens.. Il existe peu de trace de cette secte dans les textes des premiers siècles du christianisme Selon Johan Lorenz Mosheim (XVIIIe siècle) la naissance des nazaréens remonterait au IVe Siècle. Les juifs à cette époque, voyant la prospérité des chrétien depuis que des empereurs s’étaient convertis, pensèrent que Jésus-Christ était le Messie du fait qu’il les avait libérés des païens.

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Les Nestoriens

L’orthodoxie chrétienne des premiers siècles avait pour fondement la divinité de Jésus-Christ, ce qui signifiait l’union du Verbe avec la nature humaine. Il s’agissait là d’un mystère insondable où la nature humaine, en voulant le sonder, s’est précipitée dans mille erreurs. Paul de Samosate soutenait que le Verbe uni à la nature humaine n’était pas une personne. Les Manichéens pensaient que le verbe n’avait pas pris corps. Apelles croyait que Jésus avait apporté son corps du ciel, et les ariens pensaient que le Verbe unis à la nature humaine n’etait pas consubstantiel à son Père. Pour finir Apollinaire disait que le Verbe était consubstantiel à son Père mais qu’il avait pris un corps humain de telle sorte que Jésus-Christ n’était que le verbe unis à un corps humain .

Pour l’église le Verbe était unis à l’humanité dans Jésus-Christ de manière que l’homme et le verbe ne faisaient qu’une personne. Nous l’avons vu Apollinaire prétendait que le Verbe s’était uni au corps humain, et que Jésus n’avait pas d’âme humaine parce que le Verbe en faisait office. Pour combattre cette hérésie Théodore de Mopsueste avait recherché dans les écritures tout ce qui pouvait confirmer que Jésus avait bien une âme humaine. De là Théodore avait conclu que Jésus-Christ avait non seulement une âme humaine, mais que celle-ci était distinguée et séparée du verbe qui l’instruisait et la dirigeait. Cependant il reconnaissait que le Verbe unis à l’âme humaine ne faisait qu’un.

Nous sommes là devant un thème véritablement « prise de tête » et dont l’appréciation des finesses est réservée aux seuls experts et à leurs délectations qu’ils ont pour les sujets ronflants. Quoiqu’il en soit la version de Théodore de Mopsueste contenait en elle le vers de la discorde, car en voulant défendre l’union hypostatique entre le Verbe et l’homme, il préparait le terrain doctrinal dont ne manquerait pas de s’emparer l’hérétique de service, et ici, ce sera Nestorius.

Pour tenter de faire simple disons que pour l’église l’union hypostatique voulait dire que Jésus était un Homme-Dieu ou un Dieu-Homme. Pour Nestorius on ne peut admettre que l’union de la nature humaine à la nature divine soumette cette dernière aux passions et aux faiblesses de l’humanité, et c’est ce qu’il faudrait reconnaître si le Verbe était unis à la nature humaine de telle manière qu’il n’y eut en Jésus-Christ qu’une personne.

Les éléments de la controverse sont présentés. Après les disputes d’usage et les joutes oratoires, Nestorius est condamné par le Concile d’ Ephèse en 431, perd son patriarcat de Constantinople et sera exilé. Mais l’histoire est loin de s’arrêter là. Ibas évêque de Nisibe (actuelle Turquie) bien qu’opposé à Nestorius, avait fondé une école à Edesse, et dans cette école était enseigné entre autre la doctrine de Théodore de Mopsueste. Bien que cette école fut détruite en 489 les étudiants avaient déjà en partie émigré cers la Perse.
Or en Perse les communautés chrétiennes avaient rompu les liens avec les évêques occidentaux à la suite du concile de Séleucie en 410, mais surtout, parce qu’il était difficile pour des sujets de l’empire Perse sassanide d’être aux ordres d’évêques relevant de l’empire romain ennemi. Cette branche de la chrétienté qui va diffuser le christianisme en Chine, en Mongolie et même jusqu’à Sumatra sera connue sous le nom d’église des deux conciles ou église Nestoriennes. Cette église fait partie des églises orthodoxes orientales et comme son nom l’indique elle ne reconnait que les conciles de Nicée (325) et Constantinople (380-381).

L’Eglise apostolique assyrienne d’orient, l’ancienne église d’orient, l’église malabare orthodoxe forment aujourd’hui les églises des deux conciles et sont liées à l’église de Perse, ou église d’orient.

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Les Nicolaïtes

Les Nicolaïtes tirent leur nom de Nicolas, l’un des sept diacres ordonnés par les apôtres. Selon Saint Augustin Nicolas aurait été accusé d’un attachement excessif à son épouse. Pour dissiper ce soupçon il décida d’offrir sa femme à quiconque en voudrait. Saint Augustin encore, les présente comme des affabulateurs de mœurs légères, et à la limite comme des comiques.
Il semble que cette réputation soit basée sur une rumeur alimentée par l’existence d’une autre secte se réclamant de Nicolas, et qui prônait l’abandon aux passions charnelles. Une autre raison possible est l’assimilation du nom de Nicolas associé à celui de Balaam tel qu’il est écrit dans le livre de l’Apocalypse:
Ap 2 :14 Mais j’ai contre toi quelque grief : tu en a là qui tiennent la doctrine de Balaam ; il incitait Balaq à tendre un piège aux fils d’Israël pour qu’ils mangent des viandes immolées aux idoles et se prostituer. Ap 2 :15 Ainsi il en est chez toi aussi qui tiennent la doctrine des Nicolaïtes. Balaam tout comme Nicolas se nourrissait donc de la viande immolée aux idoles, son nom tout comme celui de Nicolas signifiait « le vainqueur (ou séducteur) du peuple ». Mais là encore le rapprochement n’est pas parlant, Balaam n’étant qu’un prophète envoyé par le roi de Moab et qui devait maudire les Israélites. En revanche le nom de Baal semble plus approprié. Ce nom à l’origine n’est pas religieux. Il veut simplement dire maître et parfois, ce qui est intéressant ici « époux ».
Quoiqu’il en soit le mot nicolaïsme a fini tardivement à désigner la pratique médiévale du concubinage et du mariage de prêtres.

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Les Noétiens

Adeptes de Noët qui enseignait que Jésus-Christ n’était pas différent du Père ; qu’il n’y avait qu’une personne en Dieu qui prenait tantôt le nom de Père et tantôt celui de Fils. Il prit le nom de Moïse et donna celui d’Aaron à son frère.

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Les Novatiens

Selon Augustin, ils tirent leur nom des erreurs adoptées de Novat. Mais ce qui nous intéresse chez eux est qu’il se faisaient appeler aussi cathares c'est-à-dire purs et toujours selon Augustin, ils s’était fait nommés ainsi pour faire parade à leur prétendu puritanisme. Ils condamnaient les secondes noces et refusaient l’absolution de pécheurs.
Nous ne pouvons pas prétendre que cette secte serait à l’origine du catharisme. Le terme « cathare » semble avoir un sens générique que s’attribue une secte voulant mettre en avant la pureté. Les premiers à avoir utilisé ce terme furent des apotactiques c'est-à-dire des acètes ayant renoncé au monde (Renonçant), puis les Encratites (Tatien), les Paretans, les Patarins, et d’autres encore.
Il n’est de toute façon pas étonnant que le catharisme trouve ses sources dans le gnosticisme, que son origine en soit manichéenne, novatienne ou autre.

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Les Ophites

Nom générique donné à quelques communautés gnostiques qui ont en commun l’importance attribuée dans leur culte au symbole du serpent. La présence de serpents lors des cérémonies fit dire à Augustin …ils prétendaient que le serpent était le Christ, et ils avaient un serpent apprivoisé qui venait se rouler sur leur pain et leur consacrer une sorte d’Eucharistie

Parmi les sectes ophites on trouve les :caïnites :naasseniens:séthiens: pérates :phibionites

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Les Origénistes

(Article totalement révisé en janvier 2011)
On ne doit pas confondre Origène aussi nommé Adamentius (Adamant) né à Alexandrie en 185 avec Origène dit l’impur, gnostique dont les adeptes furent les «origénistes». Origène l’impur (290) considérait que le mariage était une invention du démon. A l’instigation de nombreuses autres sectes gnostiques il militait pour une libération des mœurs et la pratique de toutes déviances et toute action qui permettait d’interrompre le cours des générations par un abus de la sexualité détournée de la procréation.
Origène dit Adamentius bien qu’influencé par le gnosticisme n’en fut pas un sectateur, mais fut malgré tout considéré comme hérétique en affirmant que Dieu n’était ni un corps ni dans un corps, mais une substance simple, une âme source de toutes les intelligences. Pour lui Dieu ne pouvait être contenu dans un corps corruptible par nature. Jésus devint Fils de Dieu par adoption (adoptianisme). Adamentius ne croyait pas à la damnation éternelle pas plus pour l’homme que pour les démons qui seraient libérés des enfers. Enfin cet Origène croyait à la transmigration des âmes au travers de diverses incarnations afin que l’homme puisse retourner à sa nature spirituelle originelle. Pour lui l’âme préexistait au corps, et la matière n’était pas une cause de la chute mais une conséquence. De ce fait la différences entre les esprits n’est pas une question de nature mais d’un degré de matérialisation dépendant de l’éloignement de l’état contemplatif originel.

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Les Passalorynchites

Branche des Montanistes qui pensait que pour obtenir le salut il fallait vivre dans le silence. Ils gardaient un doigt sur la bouche pour satisfaire à cette obligation. Selon Augustin ils mettaient plutôt un doigt dans le nez et se fermaient la bouche. Augustin encore s’étonne du choix du nom qui en grec est composé de pieux et de nez alors qu’il aurait du être composé de doigt, et nez, t s’appeler de ce fait les « Dactylorynchites »

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Les Paterniens

Les Paterniens aussi appelé Vénustiens enseignaient que la chair était l’œuvre du diable. Pour Augustin cette œuvre concernait les parties inférieures du corps humain, sans préciser s’il s’agit effectivement de la partie inférieure ou d’une façon pudique de parler du sexe. Le doute est d’autant plus permis que les Paterniens avaient des mœurs dépravées.

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Les Paulinianistes

Disciples de Paul de Samosate, ils ne voyaient en Jésus qu’un pur homme. Pour Paul la Trinité n’était pas constituée de trois dieux, mais de trois attributs sous lesquels la divinité s’était manifestée aux hommes.

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Les Pélagiens

Lorsque les pères de l’église voulaient faire sentir aux chrétiens tout ce qu’ils devaient à la bonté divine, ou lorsqu’ils voulaient faire connaître aux infidèles l’avantage de la religion chrétienne, et de la nécessité de l’embrasser alors ils enseignaient que l’homme nait coupable et qu’il ne peut par lui même se réconcilier avec Dieu, ni mériter la félicité destinée aux fidèles.

En d’autres termes l’église considérait qu’en dépit de tous leurs efforts l’homme ne pouvait atteindre la félicité s’il n’avait reçu la grâce. Cette position consiste à croire que chacun à sa naissance était inclus ou exclus d’office de la catégorie des élus. Si tel était le cas, alors nous parlerions de cette prédestination qu’une partie du protestantisme et le jansénisme ont adoptée. Pour l’église chacun a sa naissance doit supporter la nature criminelle et maudite reçue par l’héritage d’Adam. La grâce en cela n’est rien autre que la remise des péchés, dont l’originel, en récompense de l’adhésion à la chrétienté.

Prétendre que chacun par ses efforts peu parvenir au salut ne fait que flatter la vanité de l’homme. Pourtant un homme va prétendre justement que ces efforts à eux seuls peuvent suffire. Après tout cette notion de grâce accordée aux croyants n’est-elle pas le meilleur moyen de voir se répandre un certain laxisme, si ce n’est une certaine amoralité. Venu d’Angleterre, le moine Pelage va donc annoncer que l’homme pouvait obtenir le salut par son effort personnel dans la pratique de la vertu et par l’exercice de son libre arbitre pour lutter contre le péché.

Devant fuir Rome envahi par le Goth, Pélage se réfugia en Afrique avec un des ses principaux sectateur, Célestius. Ce dernier présentait un argumentaire en sept points qui servit de base aux accusations portées contre lui au concile de Carthage.

  1. Adam avait été créé mortel, et serait mort qu’il eut péché ou non
  2. Le péché d’Adam n’avait fait de mal qu’a lui seul, et non au genre humain.
  3. Que la Loi introduit aussi bien l’homme dans le royaume des cieux, que l’évangile.
  4. Qu’avant l’avènement de Jésus-Christ il y avait des hommes sans péché.
  5. Que les enfants nouveaux nés sont dans le même état qu’Adam avant sa chute.
  6. Que ni la mort, ni la chute d’ Adam n’ont produits la mort de l’espèce humaine, pas plus que la résurrection du Christ n’a produit la résurrection de tous les hommes.
  7. Que l’homme né sans péché, et qu’il peut obéir aux commandements de Dieu s’il le veut.

La suite de l’histoire facilement consultable par ailleurs, et une succession de procès et de conciles, qui verront Pélage disparaître après son expulsion , sans laisser de trace. Cet enchaînement ne nous intéresserait pas s’il ne comportait en lui les signes avant-coureurs d’un schisme qui mettra quelques siècles à aboutir. Dans cette lute entre Pélagianisme et église catholique se livrait un autre combat entre une église d’Orient qui était réticente au « mythe » d’Adam et du péché originel, et une église d’occident qui en était la fervente défenseuse. Mais plus en profondeur se dessinait une démarche hégémonique qui devrait porter une de ces deux entités à prendre le pouvoir sur l’autre.

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Les Pépuziens

Si on se réfère à Augustin le nom de pépuzien vient d’un endroit désert où les disciples de la secte se réunissaient. Or c’est justement ce que nous dit Epiphane à propos de Montaniste.
« ce saint (Epiphane) nous apprend que les Montanistes allaient célébrer certains mystères en un lieu désert de Phrygie, où avait été autrefois la ville de Pépuze, depuis ruinée, et qu’ils honoraient ce lieu où ils disaient que la jérusalem céleste était descendue. »

Pour d’autres, Pépuze n’aurait été qu’une maison de campgne où vivait Montanu avecPriscilla et Maximilla. C’est à cet endroit que là que Maximilla commença à prophétiser et où Jésus Christ serait apparu à Priscilla ou à (Quintilla*) et lui aurait donné la sagesse. C’est en ces lieux qu’auraient été pratiqués les rites « abominables » reprochés aux Montanistes.
(*) L’autre nom des pépuzien : les quintilliens
Ce serait Epiphane qui aurait fait des pépuziens une secte particulière, qui n’était différente des Montaniste que par : « un nouvel excès d’orgueil, parce qu’ils demeuraient à Pépuze, ils s’estimaient plus saint que les autres et les méprisaient

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Les Pérates

Adonnés à l’astrologie ,la secte ophite des pénates pensaient passer du monde matériel à la vie éternelle. Selon eux :
"Personne ne peut être sauvé sans le fils qui n’est autre que le serpent […] Ainsi le serpent attire hors de ce monde, à l’exclusion de tout autre, la race parfaite formée à l’image du père et de même essence que lui qui avait été envoyé par lui ici-bas.[…] Le cerveau est l’image du père parce qu’il est immobile, et le cervelet est le fils car il se meut et a la forme d’un dragon. Il attire à lui de façon ineffable et mystérieuse, à travers la glande pinéale, la substance spirituelle qui découle du crâne. Comme le fils le cervelet reçoit cette substance, et d’une manière ineffable fait part des formes à la matière. C’est à dire que les germes des espèces des êtres engendrés selon la chair le traverse pour s’écouler dans la moelle du dos."
Parmi les sectes ophites citons encore les stratiotiques, les borhoriens, les barbéliotes sur lesquelles nous avons peu de matière

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Les Phibionites

Voilà des ophites à très mauvaise réputation qui vont nous obliger à élargir notre champ de vision. Au-delà du gnosticisme et indépendamment de leurs caractéristiques réelles ou fantasmées, ils posent la question de notre rapport à la sexualité. Polluée par des siècles d’une morale perverse, étriquée ou hypocrite, la sexualité ne se justifie que dans le respect d’une codification sociale et religieuse, et disons même utilitaire, stricte. La lier au sacré sans mode notice d’emploi dûment agréé, est d’emblée blasphématoire, et offre une voie royale à la propagande discriminatoire. Pour faire court, les « rapporteurs » de ces déviances gnostiques ne sont pas en temps qu’ennemis jurés des phibionites, les plus fiables ni les plus motivés, pour aborder les mystères éventuels de rites à connotation sexuelle,
Lors du début des fêtes phibionites, les hommes serraient la main des femmes en leur chatouillant le creux de la paume. Lorsque chacun était assis avec nourriture et boisson, les couples mariés se séparaient pour engager des rapports sexuels avec un autre membre de la communauté. L’homme devait * se retirer avant l’orgasme pour que le couple avale le sperme en s’écriant : ceci est le corps du Christ.
Lorsque c’est possible, le couple consomme le sang menstruel en prononçant : ceci est le sang du Christ Selon Epiphane si la femme tombe enceinte, on laisse le fœtus se développer, puis on pratique l’avortement. Par la suite ce fœtus est démembré, enrobé de miel et d’épices, et dévoré par le groupe comme une sorte d’Eucharistie.
Parvenus à un certain état de perfection certains adeptes n’ont plus besoin de femmes et pratique l’homosexualité. D’autres pratiqueront la masturbation sacrée..
En apparence orgiaques, ces cérémonies sont en rapport avec la vision que les phibionites ont du cosmos, et la façon de s’en libérer. Outre le fait de satisfaire aux exigences des archontes résidents dans les 365 ciels, ces « mœurs » répondent au besoin de réunir la semence divine implantée dans le monde et actuellement dispersée dans la semence masculine et le sang féminin. En les réunissant et les consommant on ne procède pas seulement à la réunification nécessaire , mais on évite surtout la procréation qui contribue à nous maintenir prisonniers du monde

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Les Photiniens

Disciples de Photin évêque de Sirmich les photiniens niaient la divinité de Jésus. Jésus était né homme, et n’était devenu le Christ que lorsque le Saint Esprit était descendu sur lui dans le Jourdain. Si Jésus fut appelé « fils unique » c’est tout simplement parce que la Sainte Vierge n’en a pas eu d’autres. Condamné par les conciles d’Antioche et de Milan, les idées de photin seront reprises beaucoup plus tard par Socin. (Socinianisme)

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Les Priscillianistes

(Article révisé en janvier 2011)
Priscilien fut un le premier hérésiarque d’Espagne. Il tenait ses «abominations» d’Agape et Heldipe, des adeptes d’un Marc né à Memphis en Egypte. Si l’on en sait peu sur ce Marc il est plus évident que Priscillien reste sous l’influence du gnosticisme qu’il semble vouloir adapter au druidisme celtique. Cerise sur ce gâteau, notre hérétique professe le «fatalisme sidéral» comprenez qu’il s’adonne à l’astrologie et qu’il attache le sort des hommes à celui d’étoiles correspondantes à chaque partie du corps humain. Au bélier la tête, pour finir par le poisson maître des pieds.
Les priscillianistes titillent la pointilleuse orthodoxie chrétienne en attaquant le dogme trinitaire. Le Père le Fils et le Saint Esprit sont une seule et même personne et d’ailleurs Jésus n’est pas né, mais reste une illusion, une apparence. C’est pour cette raison sans doute qu’ils refusent le symbole de la croix et dénient la résurrection. Dieu n’a pas fait le diable. Celui-ci est sorti directement du chaos. Il n’est pas bon et représente même le principe et la substance du mal. Les âmes ont péché dans le ciel et en s’incarnant tombent sous le pouvoir des princes démoniaques, et l’état spirituel des hommes dépend directement de l’importance du péché dont leur âme est chargée. C’est là encore cette croyance nettement gnostique d’un monde tombé entre les mains du mal qui fait que les Priscillianistes souhaitant interrompre le cycle des incarnations, détestent le mariage, les enfants, se refusent à manger de la viande et ne croient pas à la résurrection de la chair.

La part active prise par les femmes dans la secte, la tendance à se réunir de nuit et prier nus, le conseil proféré par les adeptes de préférer le mensonge à la révélation des secrets, furent autant d’arguments utilisés par les adversaires pour accuser les sectaires de toutes les déviances sexuelles, mais qui doit comme toujours être relativisé.
En 395 Priscillien se rend à Trèves pour se défendre auprès du nouvel empereur Maxime. Il y sera condamné et mis à mort mais non pas sou motif d’hérésie mais celui de magie. Cette exécution d’hérétique provoquera une grande émotion dans la chrétienté dont tous les membres n’étaient pas systématiquement opposés aux idées priscillianistes. Mais l’accusateur, l’évêque Ithace, se montrera sous un jour si détestable et d’une inhumanité si peu conforme à sa charge, qu’il sera déposé de sa charge.

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Les Ptolémaïtes

Augustin nous dit que Ptolémée, disciple de Valentin voulu fonder une nouvelle secte, et pour cela il préféra reconnaître que quatre Eons et quatre autres. C’est court et certainement réducteur.
En fait Ptolémée nous est connu grâce à sa lettre à Flora citée dans son intégralité par Epiphane de Salamine au IVe siècle. Cette lettre porte sur l’interprétation de l’Ancien Testament basée sur les thèses gnostiques et sur les paroles de Jésus. L’Ancien Testament ne peut être inspiré par le vrai Dieu, puisque, par exemple il ordonne à son peuple, les Israélites, de tuer les cananéens déjà installés en terre promise . Mais cet ancien testament ne peut pas non plus être une œuvre du diable puisqu’il contient des lois justes et bonnes. En se basant sur les paroles de Jésus Ptolémée distinguait dans la loi mosaïque trois espèces de choses différentes. L’une venant de Dieu, la seconde de Moïse et la troisième venant de l’imagination des anciens docteurs.
Une nouvelle distinction en trois parties s’applique aux paroles venant de Dieu. Les premières sont parfaites (dix commandements). Les suivantes sont souillées par les passions humaines, par exemple la loi du talion, et les dernières sont à prendre au sens symbolique et non littéral(Le shabbat n’interdit pas le travail, mais de faire le mal, etc.) De tout cela, il déduit que le Démiurge -créateur du monde- est inférieur au Dieu parfait, mais meilleur que le diable.
La particularité ici est qu’il nous reste des traces non déformées d’une pensée gnostique réellement sincère qui se basant sur les paroles de Jésus et des apôtres tente de résoudre les contradictions des enseignements.

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Les Sabelliens

Disciple de Noët, Sabellius semble se distinguer de son maître non pas une doctrine différente, mais le fait qu’il semble avoir eu plus de notoriété, et que son nom à supplanté celui de noëtien. Aussi nommée Praxéaniens en référence à Ptaxéas, Hermogéniens en référence à Hermogène, cette secte ne fait que décliner les idées originales de Noët qui ne mettait pas d’autre différence entre les personnes de la Trinité que celle qui est entre les différentes opérations d’une même chose. Les nome de Père, Fils et Saint-Esprit n’étaient qu’une appellation de Dieu dépendante de la fonction exercée par celui-ci.
Cette doctrine sera reprise par Photin et par les antitrinitaires.

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Les Saturniens

Les saturniniens tirent leur nom de Saturnin (Satornil). Cette hérésie est influencée à la fois par la cabale judaïque et le zoroastrisme. Dieu, père inconnu, avait des ministres qui n’étaient que des puissances pures qui s’affaiblissaient à mesure qu’elles s’éloignaient de leur principe. Il existait un monde spirituel pur, et un monde matériel celui des ténèbres. A la frontière du monde pur 7 puissances avaient créé l’univers et s’en étaient partagé le gouvernement.

L’homme était leur œuvre, mais incapables de « l’animer » elles avaient dû faire appel à Dieu qui envoya son étincelle divine,l’âme. Celle-ci se trouva souillée au contact du corps et devint incapable de se libérer. C’est pourquoi Dieu envoya son messager suprême Jésus-Christ pour apprendre aux hommes comment vivre pour retourner un jour à Lui.
Bardesane d’Edesse succéda à Saturnin. D’abord chrétien orthodoxe rigoureux, il connaît parfaitement les mythes de Grèce et d’orient comme la philosophie de Platon et deviendra un adepte des doctrines qu’il avait combattu.

Partant d’un Père qui aurait enfanté Jésus avec sa compagne sa pensée,il développe une cosmogonie qui donne à Jésus-Christ une compagne avec laquelle il engendre d’abord deux paires d’éons (les quatre éléments) qui à leur tour vont créer trois nouvelle série d’ éons avec Jésus-Christ et sa compagne. Une nouvelle série de 7 éons va se voir octroyer le pouvoir sur le soleil, la lune et les 5 planètes connues. Douze génies seront voués aux constellations du zodiaque et 36 esprits sidéraux seront chargés de gouverner les autres constellations. Toutefois ces allégations concernant Bardesane ne semblent pas toujours confirmés par les ouvrages qu'il a produit.(Livre des Lois des Pays) voir Bardesanisme

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Les Sécundiens

Selon Saint Augustin les Séduciens se confondraient avec les Valentiniens s’ils n’ajoutaient pas à leurs erreurs l’abomination de leurs mœurs.

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Les Séleuciens

Séleucus était un philosophe de Galatie qui croyait que la matière était éternelle et incréée comme Dieu, et que les anges avaient créé les âmes avec du feu et de l’esprit. Il tentait ainsi de reprendre la démarche d’Hermogène qui avait tenté d’incorporer la philosophie Stoïcienne à la religion chrétienne. De même un nommé Hermias se basant aussi sur Hermogène crut que Dieu était matériel , que les âmes sortaient de la terre et que le mal venait tantôt de Dieu tantôt de la terre. D’après lui le corps de Jésus après sa résurrection était dans le soleil.
Toujours selon Hermias la résurrection est un mythe, Le monde était l’enfer at la seule résurrection se trouvait dans la naissance des enfants. Les doctrines de Séleucus et Hermias se sont confondues et leur secte furent aussi bien appelées, Séleuciens, ou Hermiens ou encore Hermianites.

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Les Séthiens

Secte ophite d’origine samaritaine, les séthiens adoraient Seth fils de la divine sagesse, symbole de l’esprit. Il s’agit de Seth le troisième fils d’Adam, père des humains et non de Seth le dieu guerrier égyptien. Seth aurait été le fils du Dieu invisible et incommensurable et de sa nature femelle Ennoïa. Il aurait épousé sa sœur Noréa et de leur union serait née la race impérissable dont étaient issus les Séthiens . Seth se serait réincarné dans divers personnages dont Melchisédech.

Selon la croyance des séthiens Dieu n’a pas créé l’univers. Celui –ci est l’œuvre de Ialdabaôth et six Archontes dont sont issus, la lumière qui réside en haut, les ténèbres qui sont les eaux sur l’abîme, et le souffle qui navigue entre les deux. Ils distinguent le serpent mauvais, le « vent des ténèbres », qui est la forme prise par le démiurge, et l’autre serpent, le bon, le sauveur, venu d’en haut pour détruire l’œuvre du démiurge. Jésus qui ne serait pas mort sur la croix,et serait la dernière incarnation de Seth, et c’est lui qui serait apparu à Paul. Les séthiens migrèrent ne Syrie et en Arménie où il sont connus sous le nom d’Archontiques. Au début du deuxième siècle ils passent en Egypte où ils se christianisèrent sous l’influence de Basilide.

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Les Sévériens

Sévère voyait dans le bien et le mal la lutte entre deux principes opposés subordonnés à un Etre sprême qui résidait au plus haut des cieux. Partant du principe que bien et mal existent partout, il conclut qu’une sorte de contrat avait été passé entre les bon et mauvais principes afin d’être à égalité. L’homme tenait de la raison ses plaisirs tranquilkles et pur, mais il tenait de sa sensibilité le principe de toutes ses passion causes de ses malhuers.
De cette constations il tira l’idée que la raison était l’œuvre des puissances bénéfiques, et la passion le travail des forces maléfiques. Sévère poussa son raisonnement jusqu'à détecter dans un grand nombre de créations matérielles des outils destinés à provoquer raison ou passion selon le cas. Le vins et les femmes en excitant la passion son des agents maléfiques, l’eau par son effet appaisant est bénéfique.

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Les simoniens

Simon le Magicien baptisé par saint Philippe est connu pour avoir voulu acheter aux apôtres le pouvoir de faire venir le Saint-Esprit par imposition des mains. Pour Simon, Dieu n’a pas créé le monde, et le corps ne ressuscite pas après la mort. Se faisant passer pour Jupiter, et sa concubine Hélène pour Minerve, il donnait à ses disciples sont portrait et celui de sa concubine comme objet d’adoration.
En fait Simon et Hélène faisait partie du mythe « fondateur » de sa secte, mythe selon lequel Dieu à la création du monde eut une première pensée, l’Ennoia. Cette pensée femelle descendit dans les régions inférieures et créa les anges, qui devenus jaloux de leur créatrice, créèrent le monde (matériel cette fois !) pour l’emprisonner dans un corps de femme. Ennoia prisonnière fut soumise à de nombreuses réincarnations, dont l’une d’elle fut Hélène, esclave prostituée de la ville de Tyr.
Dieu alors descend sur terre sous la forme de Simon le Magicien et sauve Ennoia. Promettant de détruire le monde créé par les anges, il accorderait néanmoins le salut dans les sphères célestes, à ceux qui auraient confiance en lui. Simon a donné le mot simonie qui pour les chrétiens concrétise la vente ou l’achat de bien spirituels, ou de charges ecclésiastiques. La simonie, avec le trafic des indulgences sera un des grands reproches adressé par la Réforme à l’église catholique.

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Les Tessarescédécatites

La caractéristique unique qui semble distinguer cette secte est que ses adeptes célèbrent la fête de Pâques [dico]le quatorzième jour de la lune quel que soit le jour de son échéance.

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Les Théodotiens

Le Théodote concerné ici est Théodote de Byzance, et non Théodote associé à Cléobule dans une autre secte probablement appelée « Cléobiens ». Thédote de Byzance arrêté lors des persécutions sous Marc-Aurèle, renia Jésus-Christ pour éviter le martyr. Sa fuite vers Rome ne suffit pas à calmer les fidèles, aussi développa-t-il une théorie de circonstance.
D’après cette théorie en ayant renié le Christ, il n’avait renié qu’un homme, né d’une vierge et de l’opération du Saint esprit, mais qui n’avait aucune autre prérogative autre que celles d’une vie plus sainte et une vertu plus éminente.
Selon certains il est normal que cette doctrine tendant à dévaluer le Christ ait rencontré des adeptes du fait qu’elle se situait dans une époque de persécution envers les chrétiens. Quoiqu’il en soit le secte s’éteignit rapidement.

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Les Vadiens

Augustin les appelle les Vadiens, et dans son répertoire les cites comme Vadianites. Leur nom serait en fait les Audiens ou Audéens, d’Audius leur chef qui vivait en Syrie. Ils considèrent que Dieu a une figure humaine et que l’homme a été créé à sa ressemblance, ce qui les fit appeler parfois les anthropomorphites.
Les Audiens menaient une vie retirée et fuyaient les assemblées ecclésiastiques car les impudiques et les adultères y étaient reçus. Bien qu’il aient organisé leur église en se donnant des évêques, ils disparurent rapidement.

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Les Valentiniens

Valentin fondateur de la deuxième école égyptienne du gnosticisme succède à Basilide en 136. Reprenant les théories de Bardesane en les modifiant il considérait que l’Etre suprême était resté de nombreux siècles dans un repos absolu. Le premier signe d’éveil fut la manifestation de Sa pensée.
Le principe de tous les Eons était le silence et la profondeur. Par engendrement successifs de nouveaux éons, on en arrive à la création de l’homme. Le Christ envoyé par le Père n’a apporté sur terre que son corps spirituel et céleste, la Vierge Marie n’ayant servi que d’’un vaisseau dont il n’avait rien conservé de charnel. Il n’y a aucune résurrection des corps et l’âme ne pourra être sauvée que par les mérites de Jésus-Christ. Après le départ de valentin pour Rome, ses disciples restés à Alexandrie se divisèrent en un grand nombre de sectes.

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